Patricia's Poetry Page

Victor Hugo: I - Ce siècle est grand et fort
Ce siècle est grand et fort. Un noble instinct le mène.
Partout on voit marcher l'Idée en mission;
Et le bruit du travail, plein de parole humaine,
Se mêle au bruit divin de la création.

Partout, dans les cités et dans les solitudes,
L'homme est fidèle au lait dont nous le nourrissions;
Et dans l'informe bloc des sombres multitudes
La pensée en rêvant sculpte des nations.

L'échafaud vieilli croule, et la Grève se lave.
L'émeute se rendort. De meilleurs jours sont prêts.
Le peuple a sa colère et le volcan sa lave
Qui dévaste d'abord et qui féconde après.

Des poètes puissants, tête par Dieu touchées,
Nous jettent les rayons de leurs fronts inspirés.
L'art a de frais vallon où les âmes penchées
Boivent la poésie à des ruisseaux sacrés.

Pierre à pierre, en songeant aux vieilles moeurs éteintes,
Sous la société qui chancelle à tous vents,
Le penseur reconstruit ces deux colonnes saintes,
Le respect des vieillards et l'amour des enfants.

Le devoir, fils du droit, sous nos toits domestiques
Habite comme un hôte auguste et sérieux.
Les mendiants groupés dans l'ombre des portiques
Ont moins de haine au coeur et moins de flamme aux yeux.
L'austère vérité n'a plus de portes closes.
Tout verbe est déchiffré. Notre esprit éperdu,
Chaque jour, en lisant dans le livre des choses,
Découvre à l'univers un sens inattendu.

O poètes! le fer et la vapeur ardente
Effacent de la terre, à l'heure où vous rêvez,
L'antique pesanteur, à tout objet pendante,
Qui sous les lourds essieux broyait les durs pavés.

L'homme se fait servir par l'aveugle matière.
Il pense, il cherche, il crée! A son souffle vivant
Les germes dispersés dans la nature entière
Tremblent comme frissonne une forêt au vent!

Oui, tout va, tout s'accroît. Les heures fugitives
Laissent toutes leur trace. Un grand siècle a surgi.
Et, contemplant de loin de lumineuses rives,
L'homme voit son destin comme un fleuve élargi.

Mais parmi ces progrès dont notre âge se vante,
Dans tout ce grand éclat d'un siècle éblouissant,
Une chose, ô Jésus, en secret m'épouvante,
C'est l'écho de ta voix qui va s'affaiblissant.

Barry's Best Cookies
These American chocolate chip cookies are made with "real" butter and pure vanilla;
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"Verlaine: Twenty-Three Poems"
Reference : Kline, A.S., (poetry translation)

Description of text : A personal selection of twenty-three poems by Paul Verlaine. Browse or download this free text.

Poems of Pierre Ronsard
PIERRE RONSARD, 1524-1585. Ronsard's early years gave little sign of his vocation. He was for some time a page of the court, was in the service of James V. of Scotland, and had his share of shipwrecks, battles, and amorous adventures. An illness which produced total deafness made him a scholar and poet, as in another age and country it might have made him a saint and an ascetic. With all his industry, and almost religious zeal for art, he is one of the poets who make themselves, rather than are born singers. His epic, the Franciade, is as tedious as other artificial epics, and his odes are almost unreadable. We are never allowed to forget that he is the poet who read the Iliad through in three days. He is, as has been said of Le Brun, more mythological than Pindar. His constant allusion to his grey hair, an affectation which may be noticed in Shelley, is borrowed from Anacreon. Many of the sonnets in which he 'petrarquizes,' retain the faded odour of the roses he loved; and his songs have fire and melancholy and a sense as of perfume from 'a closet long to quiet vowed, with mothed and dropping arras hung.' Ronsard's great fame declined when is Malherbe came to 'bind the sweet influences of the Pleiad,' but he has been duly honoured by the newest school of French poetry.